Attention à nos chers perturbateurs endocriniens

Selon Wikipédia

"L'expression perturbateur endocrinien (PE, ou aussi « leurre hormonal », « xéno-œstrogène », « disrupteur endocrinien », etc.) a été créée en 1991 par Theo Colborn pour désigner toute molécule ou agent chimique composé, xénobiotique ayant des propriétés hormono-mimétiques et décrit comme cause d'anomalies physiologiques et de reproduction. Les effets de perturbateurs endocriniens sont observés au moins depuis les années 1970, avec des enjeux de santé reproductive et donc potentiellement de survie à long terme pour diverses espèces animales et pour l'espèce humaine.
Cette expression a été diffusée dans les années 1990 par l'OMS, l'OCDE et l'Union européenne ainsi que par les chercheurs et autorités sanitaires américaines.

Ces molécules agissent sur l'équilibre hormonal de nombreuses espèces vivantes sauvages ou domestiquées (animales, ou végétales dans le cas des phytohormones). Elles sont souvent susceptibles d'avoir des effets indésirables sur la santé en altérant des fonctions telles que la croissance, le développement, le comportement et l'humeur, la production, l'utilisation et le stockage de l'énergie, la fonction de repos (le sommeil), l'hémodynamique et la circulation sanguine, la fonction sexuelle et reproductrice.

Ces molécules agissent à très faibles doses (du même ordre de grandeur que les concentrations physiologiques des hormones) ; elles ne sont pas toxiques au sens habituel du terme (empoisonnement) mais peuvent perturber l'organisme de façon discrète, parfois difficile à reconnaître.
Elles sont sources de maladies émergentes (en partie liées au mode de vie), et ont parfois un impact sur la descendance (par exemple, le Distilbène affecte la mère et ses descendantes) ou sur des populations entières (par exemple les escargots marins ou la faune piscicole vivant dans des zones où des perturbateurs endocriniens sont très présents, comme les alligators de Californie ou les grèbes, exposés à du DDT et ne pouvant plus se reproduire, qui ont fait l'objet d'études déjà anciennes). Comme les hormones qu'ils imitent, plusieurs perturbateurs endocriniens exercent probablement conjointement leurs effets sur l'épigénome.

En induisant des interactions synergiques complexes, ces perturbateurs remettent en question les approches réglementaires basées sur des seuils toxicologiques par produit, et sur une croyance datant de Paracelse. Ce dernier estimait que « Rien n'est poison, tout est poison : seule la dose fait le poison », l'Opects évoquant en 2011 à leur égard le besoin d'une « révolution toxicologique », mais on sait maintenant que des synergies peuvent aussi faire le « poison » et que les hormones agissent à très faible doses."