Enjeu économique et technologique des nanotechnologies.

Les nanotechnologies représentent aujourd'hui un enjeu économique et technologique majeur pour les entreprises. Elles permettent des innovations dans de multiples secteurs d'activités. Mais la révolution qui s'amorce nécessite de s'interroger sur les dangers de ces technologies de l'infiniment petit...

 

         

Définitions.

Ensemble des techniques qui permettent de fabriquer, de manipuler et de caractériser la matière à l'échelle des atomes et des molécules.
Nanomatériaux ou nano-objets : matériaux dont au moins une dimension est à l'échelle nanométrique c'est-à-dire comprise entre 1 et 100 nanomètres (nm) ou qui possède une structure interne ou de surface à l'échelle nanométrique. Il peut s'agir de nanofeuillets, nanofibres ou nanoparticules.
Particules ultrafines : particules nanométriques naturellement présentes dans l'environnement (fumées de volcan...) ou issues de certains procédés industriels (fumées de soudage, émissions de moteur diesel...).

Expositions.

De nombreuses situations de travail peuvent exposer les salariés à des nanomatériaux :

Transfert, échantillonnage, pesée, mise en suspension et incorporation de nanopoudres dans une matrice minérale ou organique.
Transvasement, agitation, mélange et séchage d'une suspension liquide contenant des nano-objets.
Usinage de nanocomposites : découpe, polissage, ponçage...
Conditionnement, stockage et transport des produits.
Nettoyage, entretien et maintenance des équipements et des locaux : nettoyage d'une paillasse, changement de filtres usagés...
Collecte, conditionnement, entreposage et transport des déchets.
Fonctionnements dégradés ou incidents : fuite d'un réacteur ou d'un système clos.

Et la santé.

L'appareil respiratoire constitue la voie principale de pénétration des nano-objets dans l'organisme humain. Ils peuvent également se retrouver dans le système gastro-intestinal après avoir été ingérés ou après déglutition lorsqu'ils ont été inhalés. La pénétration à travers la peau des nano-objets est une hypothèse encore à l'étude.

Compte tenu de leur taille, les nano-objets inhalés ou ingérés seraient capables de franchir les barrières biologiques (nasale, bronchique, alvéolaire...) et de migrer vers différents sites de l'organisme via le sang et la lymphe (processus de translocation).

Les connaissances sur la toxicité des nano-objets demeurent lacunaires. La plupart des données toxicologiques proviennent d'études réalisées sur des cellules ou chez l'animal difficilement extrapolables à l'homme. Néanmoins, elles indiquent que :

À masse équivalente, les objets nanométriques présentent une toxicité plus grande et sont à l'origine d'effets inflammatoires plus importants que les objets micro et macroscopiques et de même nature chimique.
Chaque nano-objet possède un potentiel de toxicité qui lui est propre.

Qu'est-ce qui caractérise le risque.

L'approche actuelle d'évaluation de l'exposition professionnelle aux aérosols classiques ne semble pas être adaptée au cas des nano-aérosols. En effet, au vu des premières données toxicologiques, outre la masse et la composition chimique des objets, 2 autres indicateurs d'exposition semblent devoir être mesurés : la surface et le nombre. D'un point de vue pratique, il s'agit de déterminer la concentration en surface, en nombre et en masse des nano-aérosols, mais également dans la mesure du possible la distribution granulométrique, la composition chimique, la structure cristalline...

Ces pratiques sécurisées seront amenées à évoluer au fur et à mesure de la publication d'informations stabilisées sur la toxicité des nanomatériaux.

 

Source :

http://www.inrs.fr/accueil/header/actualites/brochure-reperage-nanomateriaux.html